Cancer du col de l’utérus : le vaccin en question

Depuis quelques années, la communauté médicale et de nombreuses autorités de santé nationales ont porté au pinacle le vaccin contre certains papillomavirus, à l’origine des cancers du col de l’utérus. Pourtant, des voix discordantes se font entendre au congrès mondial sur le cancer qui se tient jusqu’à dimanche à Genève. Dans le New England Journal of Medicine (21 août 2008), plusieurs articles et un éditorial posent des questions auxquelles ni les industriels ni les agences sanitaires ne peuvent répondre.

Actuellement, deux vaccins Gardasil (Sanofi Pasteur Merck Sharp Dome) et Cervarix (GlaxoSmithKline) sont autorisés et recommandés en France ainsi qu’aux États-Unis et dans 61 autres pays. Ils protègent contre l’infection par deux souches de papillomavirus humains (HPV 16 et 18) transmis sexuellement. Près de 80 % des femmes adultes sont infectées (il existe des centaines de souches virales, mais HPV 16 et 18 sont responsables de 70 % des cancers). Ces virus provoquent l’apparition de lésions précancéreuses, longtemps silencieuses, et de verrues génitales qui font à terme le lit du cancer du col. Un demi-million de nouveaux cas de cancer par an, dont 80 % dans les pays pauvres, justifient la vaccination. Mais depuis leur commercialisation en juin 2006, si des dizaines de millions de filles et de femmes ont été vaccinées, et «malgré de grandes attentes et des résultats prometteurs d’essais cliniques», écrit Charlotte Haug (rédactrice en chef du Journal of the Norwegian Medical Association) dans son éditorial du New England, de multiples questions restent sans réponse.

Le Figaro – Santé : Cancer du col de l’utérus : le vaccin en question.